Pierre Durand
2026-06-17
Le plancher pelvien est un ensemble de muscles et de tissus situés à la base du bassin. Imaginez-le comme un « hamac » musculaire : il soutient les organes pelviens et participe à plusieurs fonctions clés. Lorsqu’il est tonique et bien coordonné, il aide à :
En France, on parle beaucoup de la rééducation périnéale (notamment après l’accouchement), mais le sujet concerne aussi les hommes, les sportifs, et toute personne dont le quotidien met le bassin à contribution : port de charges, travail debout, constipation, toux chronique, surpoids, etc.
Chaque corps est différent, mais certains signaux peuvent indiquer qu’un travail de renforcement (et surtout de coordination) serait utile :
Important : si vous ressentez une douleur pelvienne importante, une suspicion de prolapsus, des douleurs pendant les rapports, ou des symptômes persistants, il est recommandé de consulter un(e) kinésithérapeute spécialisé(e) en pelvi-périnéologie, une sage-femme ou un médecin.
On associe souvent le renforcement à l’idée de « contracter fort ». Or, le plancher pelvien a besoin d’un bon tonus mais aussi de relâchement et de coordination avec la respiration. Un périnée trop contracté en permanence peut aussi créer de l’inconfort (tensions, constipation, douleurs). L’objectif de ces exercices est donc :
La contraction correcte ressemble à une sensation de « fermeture et remontée » à l’intérieur du bassin. Selon le sexe et l’anatomie, les repères varient :
Le mouvement doit être subtil. Si vos fessiers se crispent, si vos cuisses se contractent fort ou si vous bloquez la respiration, c’est souvent le signe que l’effort est mal dirigé.
Pour de nombreux exercices du plancher pelvien, la respiration est un excellent guide :
Dans la plupart des exercices ci-dessous, vous contracterez sur l’expiration, en gardant un effort modéré, puis vous relâcherez complètement.
Les exercices suivants sont pensés pour être accessibles, progressifs et adaptés à un rythme de vie courant en France (transports, bureau, sport loisir, post-partum). L’idéal est de pratiquer 5 à 15 minutes, 3 à 5 fois par semaine. La régularité compte plus que l’intensité.
C’est la base des exercices de renforcement. Elle sert à établir une bonne connexion cerveau–muscle.
Position : allongé(e) sur le dos, genoux fléchis, pieds au sol (position confortable, type « relaxation »).
Étapes :
Séries : 8 à 12 répétitions, 1 à 2 séries.
Conseil : si vous tremblez ou si vous perdez la qualité, réduisez le temps de maintien.
Cet exercice améliore la capacité à « réagir » avant un effort (toux, rire, montée d’escaliers, saut). C’est particulièrement utile pour les fuites à l’effort.
Position : allongé(e) ou assis(e).
Étapes :
Séries : 10 répétitions, puis repos 30 secondes, 2 séries.
Astuce “vie réelle” : entraînez-vous avant de tousser : contractez puis toussez (si cela ne provoque pas de douleur). On appelle parfois cela le “knack”.
Le pont (glute bridge) associe chaîne postérieure et gainage. Bien réalisé, il améliore la stabilité du bassin sans pousser vers le bas.
Position : allongé(e), genoux pliés, pieds largeur bassin.
Étapes :
Séries : 8 à 12 répétitions, 2 séries.
Attention : évitez de cambrer excessivement le bas du dos. Pensez « bassin neutre ».
Cet exercice renforce la coordination entre transverse (abdominal profond) et plancher pelvien. Très utile si vous restez longtemps assis(e) (télétravail, bureau) et souhaitez retrouver une meilleure stabilité.
Position : allongé(e) sur le dos, jambes en tablette (ou pieds au sol si trop difficile), bras vers le plafond.
Étapes :
Séries : 6 à 10 répétitions par côté, 2 séries.
Progression : allonger davantage la jambe ou ajouter le mouvement du bras opposé.
Le squat du quotidien (se lever d’une chaise, porter des courses) peut devenir un exercice intelligent si vous gérez la pression intra-abdominale.
Position : debout, pieds légèrement ouverts, dos long.
Étapes :
Séries : 8 à 12 répétitions, 2 séries.
Option débutant(e) : faites un squat sur chaise (assis/debout) pour sécuriser le mouvement.
L’« ascenseur » périnéal est un exercice très apprécié en rééducation en France, car il améliore la capacité à doser l’effort plutôt que de serrer fort d’un coup.
Position : assis(e) ou allongé(e).
Étapes :
Séries : 6 à 8 répétitions, 1 à 2 séries.
But : garder le visage, les épaules et les fessiers détendus.
Renforcer, oui, mais aussi apprendre à relâcher. Si vous avez tendance à serrer la mâchoire, contracter le ventre ou rester en apnée, cet exercice est un excellent complément.
Position : allongé(e) sur le côté (coussin entre les genoux) ou assis(e) confortablement.
Étapes :
Durée : 2 à 4 minutes.
Pourquoi c’est utile : un périnée efficace est un périnée qui sait alterner tonus et détente.
Voici une proposition progressive. Adaptez selon votre forme, votre fatigue et votre confort.
Repère : si vous avez une sensation de lourdeur ou d’aggravation des symptômes, diminuez l’intensité et privilégiez la respiration et la technique.
En France, la rééducation périnéale post-partum est fréquemment proposée. Même si certains exercices sont doux, il est préférable de :
Beaucoup de personnes notent une amélioration du contrôle et du confort en 4 à 8 semaines de pratique régulière. Pour d’autres, surtout si les symptômes sont installés depuis longtemps, cela peut prendre davantage de temps. La clé est la qualité du geste et la progression.
Vous pouvez, à condition de rester sur un volume raisonnable et de bien relâcher. Une fréquence de 3 à 5 fois par semaine fonctionne très bien. Si vous êtes fatigué(e) (post-partum, reprise du sport, stress), réduisez la charge.
Si vous avez des douleurs, une sensation de tension, des difficultés à aller à la selle, ou des douleurs pendant les rapports, le problème peut être un excès de tension. Dans ce cas, la priorité est souvent le relâchement (exercice 7) et un accompagnement par un(e) professionnel(le) spécialisé(e).
Oui. Les exercices de plancher pelvien peuvent aider les hommes en cas de fuites, après certaines chirurgies (ex. prostate), ou pour améliorer la stabilité du tronc. Les principes restent les mêmes : respiration, dosage, relâchement.
Il est recommandé de demander un avis médical ou kiné/sage-femme si vous avez :
Un bilan permet d’adapter les exercices du plancher pelvien à votre situation (tonus, coordination, posture, respiration) et d’éviter les erreurs.
Renforcer votre plancher pelvien ne demande pas un matériel sophistiqué ni des heures d’entraînement : quelques minutes, plusieurs fois par semaine, peuvent faire une vraie différence sur le confort, la continence et la stabilité. Retenez surtout trois principes : respirez, dosez, relâchez. En combinant contractions de base, réactivité, exercices fonctionnels et respiration, vous construisez un périnée plus solide et plus intelligent — au service de votre vie de tous les jours.
À vous de jouer : choisissez 2 à 3 exercices, notez vos séances sur 2 semaines, puis ajustez progressivement. Votre corps appréciera la régularité… et la bienveillance.
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